Confinement : Une vie particulière

Nous n’allons pas se mentir, la situation actuelle engendre une source de stress relativement intense pour chacun de nous tous. De manière différente, nos émotions s’expriment tout simplement. 


Rédaction : Isabelle SAVIO-TRAN 

À caractère calme ou plutôt actif, doux ou impulsif, chacun s’y retrouve. Les émotions s’expriment d’une manière propre à chaque individu, il n’y a pas de modèle. Oui, la crise sanitaire mondiale que nous vivons depuis ces deux derniers mois est hyper stressante et cela chamboule tous les repères habituels. La maison s’est transformée en un lieu inédit, à la fois une école et en même temps un bureau de travail. Il y a de quoi s’y perdre surtout pour nos plus jeunes ENFANTS.

Quotidien atypique

Le quotidien est si atypique que les trajets professionnels et les quelques sorties de premières nécessités doivent être justifiés. Le temps des courses s’est considérablement réduit associant de la peur face au monde extérieur. Et cela se poursuit une fois rentré à la maison. Qui y a t-il sur toutes nos nombreuses courses* ? Quelle organisation adapter avant qu’elles rejoignent notre cuisine, etc… ? Au delà du lavage des mains, du port des gants et maintenant du masque, certains préventeurs conseillent même de laisser ses chaussures à l’extérieur de la maison durant de longues heures, de prendre une douche et de laver tous les vêtements portés le jour de la sortie pour réduire le risque contamination du virus mais est-ce suffisant, pas assez ou encore exagéré ? Quoi qu’il en soit, il est important que chacun fasse au mieux pour se rassurer sans tenir compte du jugement des autres.

* Même si le risque de contamination est faible via les emballages alimentaires, il faut néanmoins prendre toutes les précautions nécessaires. 

Aveux des familles « allergiques »

Après pratiquement deux mois de confinement, nous avons recensé des aveux. Grace à des témoignages que nous garderons anonyme sur demande, nous rapportons des citations de familles vivants avec des ENFANTS ayant des allergies alimentaires. Elles nous ont avoué connaître, en quelques sortes et de manière différente, cette peur quotidienne éprouvée depuis de nombreuses années à chaque fois qu’elles ont eu à faire avec l’extérieur pour leurs ENFANTS. Lorsqu’elle parlent d’extérieur, elles nomment les collectivités, leurs familles (belles familles, grands parents, frères et sœurs, etc…) et leurs amis.

Dans les familles où la pathologie rythme avec le quotidien, une charge émotionnelle s’additionne déjà sans y avoir été invitée. Et parfois une action banale peut se transformer en grosse préoccupation, cette action concerne bien évidemment les courses et l’alimentation en lien avec la crise actuelle.

Habituellement, rien n’atteint leur caddie par hasard parce que chaque produit a été préalablement décrypté quelque soit le moyen d’achat (magasin, drive). Mais pour cela, le temps des courses a été deux fois plus long qu’une famille ordinaire. Aujourd’hui, il s’est réduit à cause du virus, mais réduire le temps augmente le risque d’allergie puisque les multiples lectures d’ingrédients sont bâclées. C’est pourquoi, ce travail stressant se poursuit à la maison, les utilisateurs des drives ont déjà eu un avant goût de cette contrainte obligatoire.

Beaucoup nous avoue que cette charge s’attribue à une seule personne du foyer. En général, c’est celle qui gère presque ou intégralement toute la partie liée à l’alimentation. Et parfois, il arrive que celle-ci délègue pour des raisons d’emploi du temps, le résultat n’est pas souvent satisfaisant disent-elles.

Faire partie d’une famille allergique ne signifie pas forcément que la totalité du foyer gère et comprenne les enjeux d’un mode de vie différent. Et c’est malheureusement pour cela que des tensions peuvent subsister au sein des foyers.

Mais aujourd’hui, rien n’est plus pareil.

Les foyers et familles se comprennent mieux comme s’il fallait qu’un événement sanitaire commun les effraie pour réveiller leur conscience.

Le virus du Covid 19 crée une peur mondiale qui entraîne des mesures sanitaires extrêmement strictes parce que c’est vital. Depuis le confinement, les courses ne se font plus par préférences et les habitudes d’achats changent par obligation. Certains se contentent du dernier paquet de gâteaux quand d’autres font l’aller-retour du rayon en espérant tomber sur celui habituellement acheté ou en trouver un « sans allergènes » mais bien sûr c’est sans succès.

Que faire, il faut bien nourrir la famille non ? Oui ! Mais pas tous au même titre. À contre cœur, retour au dernier paquet de gâteaux restant et pas rassurant du tout surtout depuis l’assouplissement des règles d’étiquetage de la DGCCRF.

Et oui, ce confinement modifie encore leur mode vie déjà différent. En renforçant la lecture des ingrédients et en découvrant de nouveaux allergènes même sur des produits habituellement achetés, elles devront veiller à « mettre de côté » l’ENFANT qui a des allergies alimentaires pour sa santé. Les autres membres de la famille devront créer une distanciation familiale, se laver les mains et les dents (si possible) après avoir consommé un ou des produits à risque pour l’ENFANT allergique. Toutes ces mesures préventives leur permettent d’exclure le risque de contamination appelé aussi « Allergie par Procuration ».

[Allergie par Procuration] 

L’allergie par Procuration est lorsqu’on transmet un ou des allergènes par la voie de l’échange. L’action est banale telle qu’un contact direct (se saluer par un serrage de main, se tenir la main, etc…), ou un contact indirect (s’échanger un objet ou un aliment, etc…). La procuration par un bisou est encore peu connue et peut avoir de graves conséquences. Bien évidemment, tous ces contacts peuvent avoir un risque uniquement si l’autre personne a consommé ou touché un aliment contenant un ou des allergènes à proscrire.

Avant la crise, ces familles n’appréhendaient que l’extérieur. Aujourd’hui c’est leur intérieur qui prend la relève non seulement à cause des nouveaux produits de substitutions mais également par l’assouplissement des règles d’étiquetage exprimées non rassurantes.

Une situation marquante a attiré notre attention, celle de la célébration des fêtes de Pâques. La plupart des familles qui ont fêté cet événement, ont livré un sentiment de soulagement. Pour la première fois de leur vie, elles n’ont pas eu à combattre leurs émotions parce qu’elles n’ont pas eu à faire avec l’extérieur. Aucun contact ni organisation n’ont dû être préalablement anticipés. L’inédit du confinement a aussi été l’inédit de leur week-end de Pâques. 

Points communs Covid 19 et allergies alimentaires

En recensant chacun des témoignages, nous avons listé les points communs retrouvés entre cette crise sanitaire et les allergies alimentaires :

▪️ Covid 19 => Distanciation familiale et sociale. Allergies alimentaires => Distanciation familiale et sociale.

▪️ Covid 19 => Se justifier de chaque sortie quel que soit le motif. Allergies alimentaires => Se justifier auprès de l’extérieur quel que soit l’événement dès lors où il y a un apport alimentaire (goûters, repas amicaux et familiaux, événements scolaires, noël, etc…). 

▪️ Covid 19 => Lavage des mains après chaque actions et contacts pour réduire le risque de contamination. Allergies alimentaires => Lavage des mains et ustensiles de cuisine pour réduire le risque de contamination.

▪️ Covid 19 => Le risque ZÉRO est inexistant mais la prévention permet de s’y rapprocher. Allergies alimentaires => Le risque ZÉRO est inexistant mais la prévention permet de s’y rapprocher.

« Les familles allergiques espèrent que l’expérience de ce confinement améliorera les mentalités sociétales pour le respect de tous » 


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A propos

Basée en Champagne-Ardenne, IsAllergies 51 est la 1ère association d’ENFANTS allergiques fondée en mai 2019 par une famille touchée par les 5 types d’allergies, sous le régime de la loi du 1er juillet 1901 et à but non lucratif.

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